7 août 2009

'mon coeur en petits carrés de 7 sur 5.

A chaque mois sa fêlure
dans tes bras mon amour
ma grande défaite mon allure
mon toujours
mon sale con mon adoré
mon incommensurable manque
mon vide ma Pangée
mon immense amour aux visages
des absents
dans tes bras brisés
mon étreinte ma seule rive
mon lâche mon tortionnaire
mon désiré
mon cœur en petits carrés de 7 sur 5

A chaque mois sa fêlure
et son lot de pots cassés
de fleurs séchés
d'étreintes flétries
d'œillets troués
de larmes cadenassées
mon grand con, mon unique
mon seul et désespéré
mon « ... »

A chaque mois
ma fêlure
ma naïveté mon sourire mon envie ma bouche mon amour
inconditionnel
et pauvre
ma subite aversion
pour les jours fériés
et les tapis en polyester

A chaque mois sa fêlure

A chaque mois sa fêlure
et cette colère obsédante
de ne savoir combler la brisure
quand tu disais
mon cœur en haleine
"Ça n'est que porcelaine"
et laissais tout tomber
quand sur la liste des courses
j'ajoutais superglue
et kleenex
mon compromis mon absolu mon
détesté

- toi toujours
pour forcer mon cœur
découper les jours
dans le papier glacé
de ma peau sans racheter
ni larmes ni café
pour tenir les soirs en février
quand tu t'enfuyais comme un voleur
comme un foutu revendeur d'armes
avec ton amour blanc
et mon cœur troué
mes yeux passoires
mes percées d'espoir
et rien pour colmater

A chaque mois sa fêlure
et mes giboulées de mars
pour m'en retourner toujours
à mes chagrins froissés
le silex de leurs peaux
quand je m'en allais briser
ce qu'il te reste d'os
mon salaud ma destinée
mes espoirs de petite fille
de princesses et de contes de fée
mon rêve de fille ingénue amoureuse amoureuse amoureuse
amoureuse

A chaque mois sa fêlure
il faudra encore rester
marcher le long des quais
continuer à enfiler
les jours comme un collier cassé
construire des avions en papier
à la chaîne de mes poignets
guetter
les griffes des oiseaux dans le ciel
et cette voix toujours
pour m'appeler
pour songer à t'oublier
mon inconditionnel ma pensée
d'aussi loin que l'hiver
me revient, le lac était gelé

A chaque mois sa fêlure
mon toujours
mon sale con mon adoré
mon incommensurable manque
mon vide ma Pangée
mon immense amour aux visages
des absents
ma déchirure ma lettre d'adieu
mon poème ma blessure
et toujours cette colère obsédante
de n'avoir su colmater la brisure
de ma grande défaite retentissante
en morceaux dans tes bras mon amour
que j'aime comme jamais
suis-je ta conne amoureuse
dis moi mon amour
suis-je
dis moi mon amour
dans tes bras mon cœur
en petits carrés de 7 sur 5'