7 août 2009

'comme un peu brisés au ventre de la nuit.

les gommettes de pluie
s'étirent doucement
roulent
éclatent sur le fer dur
de tes pieds
on peut entendre
le récital de nos silences
tout cela est très simple
mélodie fragile
de nos peaux
entrechoquées
froissement de
lèvres
les portes claquent
café brûlant
toi
minuscule dans mon œil/immense dans mon corps
déversé
chute
...
une averse
la déchirure d'une
étreinte
et nous
la tempête de nos corps
après l'intempérie
intacts
mais trempés ivres
ivres morts
vieux bouquet de cendres
dans le grand brasier mort de mes bras
chuchotis de cils
de pleurs secs
mes mains comme des
bouts de feu
dans la cheminée
du désir
mort-attisé
et s'endort
doucement
peinture calme
la nuit tombe
comme le meuble usé
du jour croulant
ne fait aucun bruit
on n'entend que
le pouls des gouttes
roule et s'assoupit
au nœud de nos pieds
au bord du vide loin de tout
près du monde
le monde tien
qui seul m'existe
c'est comme une
fièvre
un silence brûlant
au front des
endormis
nos ombres fondues
tes lèvres
qui ne prononcent
que plaisir
et ta peau
ta peau en papier de verre
qui coupe
la mienne
saigne
et se tait
comme très simple
douloureux
de souffrir si peu
griffer à peine
aimer d'épines
beaucoup trop en vie
pour supporter
encore
le jour qui pointe
la bougie de l'aurore
qu'il faudra souffler
voir le jour s'éclaircir peu à peu
comme on diluerait
une peinture diluée
devoir attendre
le comptoir de la nuit
encore
pour demander ivresse
n'être que tienne
moi dans tes bras
tes bras comme un linceul
comme un linceul autour de moi dans tes bras
où je meurs à petit feu
où je vois à jamais
la figure de douleur
de l'amour comme
sans limites
et jamais
jamais le visage
doux
de l'apaisée

.

fœtus sur
une chaise
pieds genoux repliés
comme
si vide
d'aimer
de n'aimer
que par toi
et consumée
douce
comme tuée de ne
pas pouvoir te le dire
la tête dévastée
de grands sentiments
qui m'effraient
un ventilateur tourne
cliquetis
il ne fait pas si chaud
le bruit du vent
et les œillets
des gouttes de pluie
toutes petites
comme
des regards dans la nuit
j'entends le petit chat
des voisins
ses pas sur
le velours des gravillons
un volet s'ouvre
cliquetis
ventilateur
à la télé les gens s'embrassent
il y a cette pub pour la stella artois
chut...
l'air s'arrête
à peine une seconde
je t'entends respirer
et tout l'air n'est plus qu'à toi
dans la petite pièce
une chambre
un chat
cliquetis
tout ce temps
suspendu à tes lèvres
stella
chat
cliquetis
mes genoux s'embrassent
il fait froid sans
tes bras
comme dernier drap
contre l'amour
t'embrasse
le front
frêle
et même ça
je n'y arrive pas
un baiser
presque rien
et c'est comme
si
j'avais tout
oublié
le ventilateur
ta main qui guide la mienne
rééducation
c'est comme avoir tout oublié
réapprendre
mon dieu
comment
comment réapprend-t-on à
aimer
ça me tue de ne pas
réussir
à t'aimer de
raison
unique
juste par
petits
lambeaux
de moi
petits...
éteints la télé
cliquetis
ton souffle
encore dans
ma nuque
l'air qui reprend
sa place
dans la pièce
mon amour cruel
mon amour
qui peut dormir
quand je meurs
cliquetis
ventilateur
le vent dans les pales
pleure
doucement
un sanglot
réprimé
à peine'